Le porte-avion céleste sera-t-il nucléaire ?

Le transport aérien contribue fortement à la production de gaz à effet de serre. Un bilan carbone individuel désastreux, et difficile à promettre à tous, à mesure que de plus en plus d’habitants de la planète accèdent au bien-être matériel.

Par conséquent un concours de nouvelles idées est lancé pour trouver le moyen de continuer la démocratisation du transport aérien, sans détruire la planète : « The CREATE project », financé par la commission européenne.

Parmi les théories plus ou moins utopiques jetées sur le papier figure en bonne place le concept « Airborne Metro » : il s’agit d’un service de transport par avion automatique géant, une sorte de porte-avion céleste capable d’accueillir 3000 passagers !

 

Airborne Metro

Airborne Metro

 

Les auteurs ont cherché à déterminer la taille optimale de l’aéronef. En vertu du principe affirmé qu’une unité de surface supplémentaire entraine une augmentation marginale décroissante du poids à transporter, ils ont calculé que le vaisseau devrait atteindre de 130 à 160 mètres d’envergure !
Il parcourerait sans s’arrêter de très longues distances, afin de minimiser les coûts d’atterrissage et de décollage, là où la consommation d’énergie nécessaire est la plus importante. En volant à Mach 0,7 entre deux continents, ces monstres des airs consommeraient peu.

De 20 à 30 aéronefs se suivraient sur les principaux couloirs aériens de la planète. Et le pilotage serait entièrement automatisé ! Il faudra avoir confiance.

Ces grands vaisseaux seraient rejoints par des petits avions classiques de 300 places, qui décolleraient des aéroports secondaires. Ils viendraient s’y amarrer, comme dans Star Trek. Les technologies militaires utilisées lors des ravitaillements en vol de chasseurs bombardiers seraient reprises pour cette phase délicate. Sauf qu’au lieu de kérosène, ce sont les passagers et les bagages qui seraient transbordés !

Les économies de carburant par passager pourraient atteindre de 40 à 80 %, pour les voyages les plus longs (au delà de 10 000 Km), d’après les auteurs. Pour ce faire, ils imaginent de recourir à l’énergie nucléaire. Plus exactement à une réaction baptisée low energy nuclear reaction (LENR).

Cette « fusion froide » est très fortement débattue. Certains la considèrent comme une pure imposture depuis des annonces tonitruantes lancées en 1989 par Martin Fleischmann et Stanley Pons, deux chimistes de l’université de l’Utah. Leur « découverte » d’une source d’énergie propre et infinie a été ridiculisée par toute la communauté scientifique.

Mais d’autres continuent d’y croire comme l’italien Andrea Rossi, qui affirme avoir pu générer fin octobre 2011 un total de 2635 kWh à partir d’une consommation de 66 kWh seulement, grâce à son « E-cat », un « catalyseur » qui « stimulerait » du nickel et de l’hydrogène, et qui rejetterait du cuivre… et de la chaleur. Mais comme cet inventeur soupçonneux refuse de communiquer sur le fonctionnement de son bébé, il risque de n’être pas pris au sérieux.

En attendant les vaisseaux propulsés à l’alchimie, nous serons peut-être contraints d’annuler quelques voyages !

 

 

 

Remonter à la source :

Airborne Metro

E-cat, le catalyseur d’énergie de Rossi et Focardi

 

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